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Première visite d'une infirmière à domicile : comment se déroule l'évaluation des besoins ?

02/10/2026
Première visite d'une infirmière à domicile : comment se déroule l'évaluation des besoins ?
Découvrez comment se déroule la première visite infirmière à domicile : documents, évaluation des besoins et plan de soins personnalisé

Beaucoup de patients et de proches ignorent ce qui se passe concrètement lors de la première visite d'une infirmière à domicile, et cette méconnaissance génère un stress parfaitement évitable. Pourtant, ce premier passage est une étape structurée, bienveillante et encadrée par la législation belge — notamment le chapitre 4 de la loi coordonnée du 10 mai 2015. À Drogenbos, Hélène Jespers accompagne chaque jour des patients dans cette démarche avec professionnalisme et empathie, en veillant à ce que chacun se sente écouté et en confiance dès le premier contact. Dans cet article, vous découvrirez pas à pas tout ce qui vous attend — de la préparation en amont jusqu'à la mise en place de votre plan de soins personnalisé. Car cette première visite va bien au-delà d'un simple bilan médical : elle couvre des dimensions médicales, psychologiques, environnementales et sociales qui fondent l'ensemble de votre prise en charge.

Ce qu'il faut retenir

  • Les soins infirmiers à domicile peuvent être mis en place dans les 24 heures suivant le premier contact téléphonique, à condition de réunir les trois documents indispensables : carte d'identité électronique (eID), vignettes de mutuelle et prescription médicale.
  • Le reste à charge réel du patient varie entre 3,23 € et 20,41 € par visite selon le type de soins (après indexation INAMI de 3,34 % en janvier 2025), et peut être réduit à zéro pour les bénéficiaires du statut BIM ou les patients en soins palliatifs.
  • L'évaluation du niveau de dépendance via l'échelle de Katz (6 critères cotés de 1 à 4) détermine le forfait INAMI applicable (A, B ou C) et, pour les soins d'hygiène, suffit à ouvrir droit au remboursement sans prescription médicale.
  • Depuis le 1er novembre 2025, une mesure INAMI supprime l'obligation de prescription distincte pour certains actes infirmiers techniques courants, réduisant significativement la charge administrative pour le patient.

1 - Avant la première visite infirmière à domicile : les documents indispensables à réunir

Un premier contact téléphonique pour tout organiser en 24 heures

Bonne nouvelle : les soins infirmiers à domicile peuvent être mis en place dans les 24 heures suivant votre premier appel. Dès ce premier contact téléphonique, l'infirmière recueille déjà des informations essentielles : la nature exacte des soins à réaliser, votre adresse précise et vos disponibilités. Elle vérifie également que vous disposez bien de l'original de l'ordonnance médicale. Ce premier échange est aussi l'occasion de poser toutes vos questions pratiques — horaires, déroulement, matériel à prévoir — et de planifier ensemble la date de la première visite. Ce simple appel suffit souvent à dissiper l'essentiel de l'appréhension.

Trois documents absolument incontournables

Pour que votre première visite se déroule sans accroc, trois documents sont absolument incontournables en Belgique. Sans eux, la mise en place rapide de vos soins peut être considérablement retardée.

Le premier est votre carte d'identité électronique (eID). Depuis le 1er octobre 2017, l'infirmière est légalement tenue de vérifier votre identité via la puce électronique pour activer le régime du tiers payant sur MyCareNet. Si vous ne disposez pas de votre eID lors de ce premier passage, vous devrez avancer l'intégralité des frais, puis en réclamer le remboursement auprès de votre mutuelle — une démarche longue et fastidieuse. Rangez-la dans un endroit accessible et identifiable dès maintenant.

Le deuxième document concerne vos vignettes de mutuelle. Spécifiques au système belge, elles permettent la facturation directe à votre mutualité. Le conseil pratique : rangez-les dans une enveloppe dédiée et vérifiez régulièrement votre stock pour éviter toute interruption de soins.

Enfin, la prescription médicale est obligatoire pour tous les actes techniques — injections, soins de plaies, pansements, cathétérisme. Elle doit obligatoirement mentionner le nom exact de la spécialité, la quantité, la posologie, la concentration, ainsi que le mode et la fréquence d'administration. Une prescription floue ou incomplète bloque purement et simplement le remboursement INAMI. Elle est valable trois mois par défaut, et peut être prolongée jusqu'à un an par votre médecin — pensez à en demander le renouvellement au moins deux semaines avant la date d'expiration pour éviter toute interruption de soins. Seule exception : les toilettes médicales (soins d'hygiène), pour lesquelles aucune ordonnance n'est requise. En cas d'urgence, une prescription orale est acceptée à condition d'être confirmée par écrit dans les 5 jours. Si vous sortez d'une hospitalisation, pensez également à apporter la lettre de liaison hospitalière, vos derniers résultats de laboratoire et votre carnet de soins si vous en possédez un.

À noter : depuis le 1er novembre 2025, une mesure INAMI approuvée par le Comité des assurances supprime l'obligation de prescription distincte pour certains actes infirmiers techniques courants réalisés à domicile. Concrètement, vous n'avez plus à recontacter votre médecin pour renouveler une ordonnance pour ces actes spécifiques, ce qui allège considérablement vos démarches administratives.

2 - Préparez vos informations médicales par écrit pour gagner un temps précieux

Au-delà des documents administratifs, certaines informations médicales sont essentielles pour que l'infirmière puisse construire un plan de soins véritablement adapté à votre situation. Prenez le temps de les noter sur papier avant la visite.

  • La liste complète de vos médicaments : nom exact de la spécialité (pas seulement la molécule), dosage et fréquence de prise — y compris les compléments alimentaires et médicaments sans ordonnance.
  • Vos antécédents médicaux importants : maladies chroniques, interventions chirurgicales, vaccins reçus.
  • Vos allergies connues, qu'il s'agisse de médicaments ou de matériaux.
  • Les coordonnées de votre médecin traitant et de vos spécialistes.

Ces informations, même anciennes, peuvent éclairer l'infirmière sur des aspects critiques de votre prise en charge et l'aider à anticiper d'éventuelles interactions médicamenteuses.

Exemple concret : Madeleine Vrancken, 78 ans, résidant à Drogenbos, avait oublié de mentionner un traitement anticoagulant par Marcoumar lors de son premier appel. En notant soigneusement sa liste de médicaments avant la visite — y compris ce traitement prescrit par son cardiologue à l'hôpital Erasme —, l'infirmière a pu adapter immédiatement le protocole de soins de sa plaie au tibia et prévenir un risque hémorragique. Sans cette information, le pansement compressif initialement prévu aurait été inadapté.

3 - Aménagez votre domicile pour faciliter la première visite infirmière à domicile

L'environnement dans lequel les soins sont dispensés joue un rôle déterminant dans leur qualité. Avant ce premier passage, quelques aménagements simples font une réelle différence. Prévoyez au minimum 80 cm de passage libre de chaque côté du lit pour que l'infirmière puisse travailler en sécurité. Ces précautions sont d'autant plus importantes dans le cadre d'un maintien à domicile à Drogenbos, où l'infirmière intervient régulièrement dans votre cadre de vie.

Installez un point d'eau avec du savon liquide à proximité de la zone de soins — le lavage des mains est la première étape de tout acte infirmier. Préparez une surface propre, comme une table ou un guéridon, pour y déposer le matériel. Sortez également les pansements, produits désinfectants et médicaments prescrits de leur emballage afin qu'ils soient immédiatement disponibles.

Dernier point souvent méconnu : pensez à vérifier votre statut BIM (Bénéficiaire de l'Intervention Majorée) auprès de votre mutuelle avant la visite. Ce statut permet un remboursement pouvant atteindre 100 % de certaines prestations infirmières, sans aucun reste à charge. Se renseigner en amont permet d'activer immédiatement le bon tarif.

4 - L'accueil et les formalités administratives : les deux premières étapes de la visite

Prévoyez entre 30 minutes et 1h30 pour cette première visite — c'est nettement plus long que les passages suivants, car l'évaluation est complète et approfondie. Libérez votre agenda ce jour-là.

Dès son arrivée, l'infirmière se présente, décrit sa mission et ses objectifs. Ce premier échange n'est pas une formalité : il pose les bases d'une relation de confiance qui conditionnera la qualité de tout le suivi. Elle procède ensuite à la lecture électronique de votre eID pour activer le tiers payant via MyCareNet, collecte vos vignettes de mutuelle et prend l'original de votre prescription médicale, qui sera conservée cinq ans dans votre dossier infirmier.

5 - L'évaluation médicale et de la dépendance : le cœur de la première visite

L'analyse de votre environnement de vie

Vient ensuite l'étape la plus substantielle. L'infirmière commence par analyser votre environnement de vie : elle observe l'accessibilité du logement, la présence d'escaliers ou d'obstacles, les zones mal éclairées, les risques de chute. En fonction de ses observations, elle peut recommander des aménagements — barres d'appui, lit médicalisé, sièges adaptés dans la salle de bains.

Un bilan de santé global et rigoureux

Elle réalise alors un bilan de santé global. Elle vérifie vos constantes vitales — tension artérielle, température, rythme cardiaque — et prend connaissance de vos antécédents, de vos traitements en cours, de vos symptômes et de votre mode de vie. Tous les dossiers médicaux disponibles sont consultés, y compris les rapports hospitaliers et résultats de laboratoire que vous aurez préparés.

L'échelle de Katz : déterminer votre forfait INAMI

Pour les patients relevant d'un forfait journalier, l'infirmière évalue le niveau de dépendance via l'échelle de Katz. Ce questionnaire standardisé porte sur six activités essentielles de la vie quotidienne : toilette, habillage, mobilité, alimentation, continence et transferts. Chaque critère est coté de 1 (autonomie totale) à 4 (dépendance totale). Le score obtenu détermine directement le type de forfait INAMI applicable — Forfait A pour une dépendance légère, Forfait B pour une dépendance modérée, Forfait C pour une dépendance sévère. L'évaluation est transmise au médecin-conseil de votre mutualité via MyCareNet. Point important : pour les soins d'hygiène (toilette médicale), aucune prescription médicale n'est requise — l'évaluation via l'échelle de Katz suffit à elle seule à ouvrir droit au remboursement de ces soins. C'est la seule catégorie d'actes infirmiers pour laquelle cette exception s'applique, ce qui allège considérablement les démarches pour les patients dont le besoin se limite à ce type de soin.

Pour les situations plus complexes — personnes âgées fragiles, soins palliatifs — l'infirmière peut recourir à l'outil BelRAI, un instrument d'évaluation multidimensionnelle qui identifie 5 profils-types de dépendance et les besoins non couverts, et permet de planifier une coordination multidisciplinaire adaptée. Le BelRAI peut notamment déclencher automatiquement l'intervention d'un ergothérapeute lorsqu'un risque de chute significatif est combiné à des limitations fonctionnelles importantes ou à des troubles cognitifs débutants. Cet outil s'inscrit également dans le cadre du projet pilote INAMI lancé en 2026, qui teste un financement horaire alternatif au financement à l'acte, avec 58 pratiques participantes à travers la Belgique.

Conseil : si vous êtes classé en Forfait C (dépendance sévère) ou en situation de soins palliatifs, sachez que certains actes peuvent être délégués à un aide-soignant. Cette délégation est cependant strictement encadrée : l'infirmière titulaire doit obligatoirement effectuer une visite de contrôle quotidienne (sauf le jour d'admission ou de décès du patient). Ce dispositif permet d'organiser une prise en charge plus fréquente tout en garantissant la supervision infirmière.

6 - L'écoute active, les premiers soins et la co-construction du plan de soins

Vos préférences au cœur du dialogue

L'infirmière utilise des techniques d'écoute active — questions ouvertes, reformulation, clarification — en évitant soigneusement le jargon médical. Vous êtes invité à exprimer vos difficultés quotidiennes, vos préférences, vos disponibilités horaires pour les passages suivants. Précisez si un proche aidant doit être présent, ou si vous avez des activités régulières à respecter. Ces informations sont directement intégrées dans la planification du calendrier de soins.

Des soins dès la première visite

Si votre prescription le prévoit, l'infirmière peut réaliser dès cette première visite les actes prescrits : injection, pansement, prise de constantes, perfusion. C'est aussi l'occasion d'initier une éducation thérapeutique. Par exemple, pour un patient diabétique, elle administrera l'insuline prescrite, vérifiera la glycémie et prodiguera des conseils alimentaires adaptés — un rôle éducatif souvent méconnu mais central dans la démarche infirmière.

Un plan de soins co-construit et évolutif

Enfin, le plan de soins est co-construit avec vous et vos proches. Il définit les actes à réaliser, la fréquence des passages — quotidienne, pluriquotidienne ou hebdomadaire — et les créneaux horaires adaptés. Les soins infirmiers à domicile sont disponibles 7 jours sur 7, y compris les week-ends et jours fériés. Ce plan sera réévalué régulièrement selon l'évolution de votre état de santé. L'infirmière dispose d'ailleurs d'une certaine autonomie pour adapter les soins en concertation avec votre médecin — par exemple, espacer les changements de pansement lorsque la cicatrisation progresse favorablement. Tout ce processus respecte le principe de dignité et d'autonomie décisionnelle du patient, tel que le prévoit la loi belge du 22 août 2002 relative aux droits du patient.

À noter : des majorations tarifaires INAMI s'appliquent pour les soins réalisés la nuit (entre 20h et 6h), le dimanche et les jours fériés. Tenez-en compte lors du choix de vos créneaux de passage afin d'anticiper l'impact éventuel sur votre ticket modérateur.

7 - Après la visite : ouverture du dossier infirmier et planification des soins

À l'issue de la première visite, l'infirmière ouvre votre dossier infirmier. Ce document obligatoire comprend vos données d'identification, l'anamnèse, la prescription, le planning des soins, l'échelle de Katz si applicable, vos antécédents et allergies connues. Conservé cinq ans, il sert de moyen de communication entre tous les professionnels intervenant auprès de vous — y compris en cas de remplacement, où une autre infirmière pourra ainsi connaître exactement vos besoins et la manière de vous soigner.

Le calendrier de soins est confirmé, avec des créneaux de passage organisés entre 8h et 21h selon les tournées. Vous recevez également une attestation de soins officielle mentionnant le numéro INAMI de l'infirmière, preuve de son agrément par l'État belge. Hors régime du tiers payant (c'est-à-dire si vous avancez les frais), cette attestation doit obligatoirement vous être remise dans les 2 mois suivant la prestation — sans ce document dans ce délai, vous ne pourrez pas effectuer vous-même vos démarches de remboursement auprès de votre mutualité.

8 - La coordination avec votre médecin traitant et les autres intervenants

L'infirmière transmet régulièrement des comptes rendus au médecin traitant, détaillant l'évolution de votre état, les traitements administrés et les difficultés éventuelles. En cas d'urgence — troubles respiratoires, plaie évoluant défavorablement — le contact est immédiat.

Selon les besoins identifiés lors de l'évaluation, une coordination avec d'autres professionnels peut être mise en place : kinésithérapeute pour maintenir votre mobilité, ergothérapeute pour adapter votre domicile, aide familiale, ou encore service de télévigilance. La coordination entre l'infirmière et les aides familiales ou ménagères implique le partage explicite des protocoles de soins, des horaires d'intervention, des allergies connues et des produits à éviter, via un cahier de liaison physique ou une plateforme numérique de coordination partagée entre tous les intervenants. Ce dispositif est essentiel pour garantir la continuité des soins lorsque plusieurs professionnels interviennent alternativement à votre domicile. L'infirmière agit comme le maillon central du réseau de soins à domicile, en assurant la liaison entre le corps médical, votre famille et les différents intervenants.

Exemple concret : Jean-Luc Meertens, 83 ans, vit seul à Drogenbos et bénéficie d'un Forfait B. Son infirmière passe chaque matin pour la toilette et l'administration d'insuline, tandis qu'une aide familiale intervient en fin de matinée pour la préparation du repas. Grâce au cahier de liaison laissé dans la cuisine, l'aide familiale sait que M. Meertens est allergique au latex et que son gel douche médical doit être rincé abondamment en raison d'un eczéma chronique. Lorsque l'infirmière a constaté une rougeur suspecte au talon droit, elle a noté dans le cahier la consigne de ne pas laisser le patient assis plus de deux heures consécutives — une information immédiatement relayée par l'aide familiale lors de ses passages.

9 - Remboursement et démarches mutuelle : ce que vous devez savoir

Le tiers payant et le reste à charge réel

Le système du tiers payant, largement appliqué en Belgique via MyCareNet, vous évite d'avancer la part prise en charge par l'assurance obligatoire. Seul le ticket modérateur — la part non remboursée — reste à votre charge. Concrètement, le remboursement INAMI moyen s'établit à 4,29 € par visite, avec un reste à charge variant entre 3,23 € et 20,41 € selon le type de soins effectués (après indexation de 3,34 % appliquée en janvier 2025). Ce reste à charge peut être réduit à zéro pour les statuts BIM, les maladies chroniques reconnues et les soins palliatifs.

Justificatifs mensuels et DMG

L'infirmière vous remet chaque mois un document justificatif, dans les 28 jours suivant la facturation, détaillant chaque prestation avec son code de nomenclature, le coût patient et l'intervention de la mutualité. Pensez aussi à vérifier si vous disposez d'un Dossier Médical Global (DMG) actif chez votre médecin généraliste : cette démarche gratuite permet d'obtenir de meilleurs taux de remboursement et de réduire votre ticket modérateur.

Soins palliatifs : deux formulaires à anticiper

Si vous êtes en situation palliative, deux formulaires spécifiques doivent être anticipés dès la première visite : l'avis médical pour l'intervention financière, complété par votre médecin traitant, et le formulaire MyCareNet rempli par l'infirmière. Les préparer sans attendre évite tout retard dans votre prise en charge.

Conseil : conservez systématiquement une copie de chaque attestation de soins et de chaque document justificatif mensuel. En cas de contestation ou de contrôle de la mutualité, ces documents constituent votre seule preuve des prestations reçues et des montants facturés. Un simple classeur dédié suffit à organiser ces justificatifs par mois.

Hélène Jespers, infirmière à domicile à Drogenbos, accompagne ses patients à travers chacune de ces étapes avec rigueur et bienveillance. De la première évaluation des besoins à la coordination avec votre médecin traitant, elle assure un suivi personnalisé, adapté à votre rythme de vie et à votre état de santé. Si vous résidez à Drogenbos ou dans les environs et que vous avez besoin de soins infirmiers à domicile, n'hésitez pas à la contacter pour organiser ensemble votre première visite en toute sérénité.