En Belgique, la grande majorité des actes infirmiers courants peut être réalisée directement chez vous, sans passer par la salle d'attente d'un hôpital ou d'un cabinet médical. Pourtant, beaucoup de patients continuent de se déplacer par simple méconnaissance de ce que recouvrent les soins techniques d'une infirmière à domicile. Depuis le 1er novembre 2025, un arrêté royal a même simplifié les démarches de prescription, rendant ces soins encore plus accessibles. Basée à Drogenbos, Hélène Jespers accompagne chaque jour des patients qui découvrent qu'ils peuvent recevoir des soins de qualité sans quitter leur salon. Voici les six actes techniques réalisables chez vous, les conditions à réunir et les rares cas où l'hôpital reste indispensable.
Ce qu'il faut retenir
Parmi les soins techniques les plus demandés à une infirmière à domicile, la prise de sang arrive en tête. Sur simple prescription médicale mentionnant le type de bilan souhaité — hépatique, glycémique, lipidique, inflammatoire —, l'infirmière effectue le prélèvement chez vous, puis achemine les tubes vers un laboratoire agréé. Les résultats sont généralement disponibles sous environ 12 heures.
Si votre médecin vous prescrit un bilan glycémique ou lipidique, un détail compte : vous devez être à jeun depuis au moins 8 heures (l'eau reste autorisée). Sans ce respect du jeûne, les résultats seront faussés et l'analyse devra être recommencée. Pensez également à faire mentionner sur l'ordonnance votre impossibilité de vous déplacer : pour que les frais de déplacement de l'infirmière soient couverts par la mutuelle, le médecin doit inscrire explicitement une justification médicale sur l'ordonnance, par exemple « mobilité réduite », « impossibilité de se déplacer » ou « état de santé fragile ». Sans cette mention écrite, le déplacement reste entièrement à votre charge, même si l'acte de prélèvement est lui remboursé par l'INAMI.
Exemple concret : Madeleine Vanbergen, 78 ans, résidant à Linkebeek, a longtemps demandé à sa fille de l'accompagner en voiture au laboratoire chaque mois pour son suivi thyroïdien. Lorsque son médecin traitant a inscrit « mobilité réduite – arthrose invalidante » sur l'ordonnance, Hélène Jespers a pu effectuer les prélèvements à domicile avec prise en charge complète du déplacement par la mutuelle. La fille de Madeleine n'a plus besoin de poser une demi-journée de congé chaque mois.
Ulcères variqueux, escarres, plaies post-opératoires, ablation de fils ou d'agrafes : tous ces soins sont classés B1 depuis décembre 2022, ce qui signifie que votre infirmière peut les réaliser sans prescription médicale. Concrètement, un patient qui découvre un ulcère variqueux peut bénéficier de soins quotidiens remboursés dès la première visite, sans attendre une consultation chez le médecin.
L'infirmière est tenue de photographier la plaie lors du premier passage, puis de renouveler cette documentation tous les 14 jours pour les plaies complexes. Ce suivi rigoureux permet d'évaluer la progression de la cicatrisation. Si votre plaie ne montre aucune amélioration après 4 à 5 semaines, n'hésitez pas à demander explicitement à votre infirmière d'en référer à votre médecin traitant. L'INAMI impose d'ailleurs une consultation ou un avis spécialisé au plus tard après 6 semaines de soins. En complément, l'infirmière doit signaler au médecin impliqué le début des soins de plaie dans les 5 jours suivant la première séance. Pour les plaies simples, la durée maximale de traitement initiale est de 14 jours, extensible de 7 jours supplémentaires ; au-delà de 21 jours, la plaie doit obligatoirement être requalifiée en plaie complexe avec ajout d'une nouvelle photographie dans le dossier. Ces délais ont un impact direct sur le remboursement.
À noter : si le patient refuse d'être photographié lors des soins de plaies, le remboursement de l'acte par la mutuelle est intégralement supprimé. La documentation photographique est une condition légale imposée par l'INAMI et non une simple formalité. Le refus fait basculer l'intégralité du coût à la charge du patient, ce qui peut représenter plusieurs centaines d'euros sur un traitement de plusieurs semaines (un soin de plaie complexe est tarifé à 15,00 € par séance aux tarifs INAMI 2026).
Les injections font partie des soins techniques que l'infirmière à domicile pratique quotidiennement. Classées B2, elles nécessitent une prescription médicale initiale du traitement. Mais voici la bonne nouvelle : depuis le 1er novembre 2025, la prescription d'exécution séparée n'est plus nécessaire. L'infirmière peut intervenir en autonomie, sans démarche administrative supplémentaire.
Qu'est-ce que cela change pour vous ? Avant cette réforme, il fallait parfois consulter votre médecin uniquement pour obtenir une ordonnance de routine. Aujourd'hui, la continuité de vos soins chroniques est assurée sans interruption. À titre indicatif, une injection intramusculaire est tarifée à 5,80 € selon les tarifs INAMI 2026, un pansement simple à 7,50 € et un soin de plaie complexe à 15,00 €. L'ensemble de ces tarifs a été indexé de +3,34 % au 1er janvier 2025. Tous ces actes sont remboursés via le tiers payant obligatoire : le patient ne paie que le ticket modérateur. Les infirmiers conventionnés ne peuvent pas appliquer de suppléments d'honoraires.
Conseil : depuis janvier 2024, les aides-soignants intégrés dans les équipes infirmières à domicile sont autorisés à administrer des médicaments par voie orale selon un système préparé par l'infirmier, ce qui permet un suivi quotidien plus flexible pour les patients sous traitement oral chronique. En revanche, cette délégation est strictement interdite en cas de troubles de la déglutition documentés à risque de pneumonie : seul l'infirmier est alors habilité à intervenir. Si un aide-soignant passe chez vous pour la prise de médicaments, vérifiez que cette organisation a bien été validée par l'infirmière responsable de votre prise en charge.
Administration d'antibiotiques, traitements antidouleur, hydratation, nutrition parentérale : ces perfusions sont tout à fait réalisables chez vous. L'infirmière assure la pose du cathéter, la surveillance pendant toute la durée de la perfusion et la gestion des éventuelles complications. Une notification préalable à l'INAMI, valable 12 mois maximum, doit être introduite avant de débuter un traitement long. Depuis le 14 avril 2024, la pose d'un cathéter PICC (cathéter central à insertion périphérique) a été ajoutée aux actes C réalisables à domicile par une infirmière dans un cadre formalisé, évitant au patient un déplacement hospitalier pour cet acte spécifique.
Ces soins techniques à domicile s'inscrivent pleinement dans les programmes RAAC (Réhabilitation Améliorée Après Chirurgie) et PRADO (Programme de Retour à Domicile). Un patient opéré peut désormais rentrer chez lui après quelques jours seulement, là où il restait une semaine ou plus auparavant, grâce à un suivi infirmier post-opératoire adapté. Ce type de maintien à domicile à Drogenbos repose sur une coordination étroite entre l'hôpital, le médecin traitant et l'infirmière. Si vous êtes concerné par un traitement de longue durée, demandez à votre infirmière de confirmer que la notification INAMI est active et à jour pour éviter toute interruption de remboursement.
Exemple concret : Renaud Claessens, 62 ans, opéré d'une résection intestinale au CHU Saint-Pierre, est rentré à son domicile de Drogenbos au quatrième jour post-opératoire au lieu du huitième initialement prévu. Hélène Jespers a assuré quotidiennement la perfusion d'antibiotiques par voie intraveineuse pendant dix jours, avec surveillance du cathéter et transmission des paramètres au chirurgien. La notification INAMI avait été introduite dès la veille de la sortie, garantissant un remboursement sans interruption.
Le sondage urinaire, qu'il soit ponctuel (IN/OUT) ou à demeure, fait partie des soins techniques qu'une infirmière réalise à domicile sur prescription médicale. Et le domicile présente un avantage souvent méconnu : il réduit significativement le risque d'infection urinaire. En milieu hospitalier, 70 à 80 % des infections urinaires sont liées à un cathéter, selon l'avis n°8889 du Conseil Supérieur de la Santé (2017). Chez vous, l'environnement est nettement moins exposé aux agents pathogènes hospitaliers.
Le respect strict du système clos et des consignes d'asepsie reste impératif. Six semaines de sondage à demeure équivalent à 100 % de colonisation bactérienne. Il est donc essentiel de signaler immédiatement tout signe d'alerte — fièvre, urines troubles, douleurs — à votre infirmière ou à votre médecin traitant. Une réaction rapide peut éviter une antibiothérapie lourde, voire une hospitalisation.
Changements de poche, soins de la peau péristomiale, irrigation, prévention des complications cutanées : l'infirmière assure à domicile la prise en charge complète des patients stomisés. Ces soins techniques évitent des consultations hospitalières répétées qui pèsent sur le quotidien.
Depuis décembre 2022, la stomie cicatrisée est classée B1 : aucune prescription médicale n'est requise pour bénéficier du remboursement. En revanche, si la stomie est associée à une plaie non cicatrisée, l'acte reste classé B2 et nécessite une ordonnance. Votre infirmière saura évaluer la situation dès le premier passage et vous orienter sur les démarches à suivre.
À noter : depuis le 14 avril 2024, plusieurs actes ont été ajoutés à la liste des actes C réalisables à domicile par une infirmière dans un cadre formalisé par le médecin : la ponction d'ascite, la ponction de lymphœdème et la suture cutanée post-traumatique ou postchirurgicale. Ces ajouts évitent un déplacement hospitalier pour des patients stables cliniquement, à condition que le médecin ait explicitement délégué l'acte à l'infirmière. En cas d'état clinique instable nécessitant un plateau technique hospitalier immédiat, ces actes restent réservés à l'hôpital.
En Belgique, les actes infirmiers sont classés selon trois catégories définies par l'arrêté royal du 18 juin 1990. Les actes B1 sont autonomes et ne nécessitent aucune ordonnance. Les actes B2 exigent une prescription médicale. Les actes C sont des actes médicaux confiés à l'infirmière dans un cadre précis. Depuis le 1er novembre 2025, la prescription d'exécution a été supprimée pour de nombreux actes B2 : seule la prescription initiale du traitement reste obligatoire.
L'arrêté royal du 14 avril 2024 a également reclassifié plusieurs actes en B1 (sans prescription) qui étaient auparavant en B2 : les rinçages du nez, des oreilles et des yeux, les bains thérapeutiques, la thérapie par la chaleur et le froid, ainsi que les tests intradermiques (dont le test tuberculinique) sont désormais réalisables par l'infirmière à domicile sans ordonnance médicale.
Attention : les prescriptions doivent être en format électronique depuis janvier 2020. La version papier n'est autorisée qu'exceptionnellement. Et surtout, l'absence de prescription pour un acte B2 entraîne la perte du remboursement mutuelle : vous supporteriez alors l'intégralité du coût, ce qui peut représenter des centaines d'euros pour des soins quotidiens.
Grâce au tiers payant obligatoire, la mutuelle règle directement les honoraires à l'infirmière. Vous ne payez que le ticket modérateur, qui varie de 3,23 € à 20,41 € selon les actes. Les bénéficiaires de l'Intervention Majorée (statut BIM) profitent d'un reste à charge quasi nul. Pensez également à vérifier que votre Dossier Médical Global (DMG) est actif auprès de votre généraliste : cette démarche gratuite peut réduire votre ticket modérateur.
Pour les patients présentant un niveau de dépendance suffisant, le système des forfaits journaliers FA, FB, FC remplace la facturation à l'acte. L'évaluation de la dépendance est réalisée par l'infirmière via l'échelle de Katz. Contrairement aux injections ou pansements facturés à l'unité, le forfait journalier couvre l'ensemble des soins dispensés lors d'une ou plusieurs séances dans la même journée. Ce système est particulièrement avantageux pour les patients nécessitant plusieurs passages quotidiens. En revanche, si le patient est suffisamment autonome, sa dépendance ne justifie pas l'introduction d'un forfait auprès de l'organisme assureur et la facturation reste à l'acte.
Les patients en soins palliatifs reconnus (statut palliatif accordé par le médecin traitant) bénéficient quant à eux de forfaits spécifiques majorés — PFA, PFB, PFC — et ne paient aucun ticket modérateur pour les soins infirmiers à domicile. Le forfait palliatif de l'INAMI couvre également les médicaments, le matériel de soins et les dispositifs médicaux normalement partiellement à charge du patient. Important : seuls les infirmiers gradués ou brevetés peuvent dispenser et attester des soins palliatifs à domicile, sauf si un infirmier gradué ou breveté réalise au minimum une visite de contrôle par jour.
Exemple concret : Françoise Demanet, 84 ans, atteinte d'un cancer du pancréas en phase palliative, réside seule à Drogenbos. Son médecin traitant lui a accordé le statut palliatif en mars 2026. Depuis, Hélène Jespers effectue deux passages quotidiens sous forfait PFB, sans qu'aucun ticket modérateur ne soit facturé à la famille. Les antalgiques, les compresses et le matériel de perfusion sont intégralement couverts par le forfait palliatif de l'INAMI. La fille de Françoise, résidant à Uccle, a pu organiser la fin de vie de sa mère dans son environnement familier, sans charge financière supplémentaire liée aux soins infirmiers.
Pour le premier passage, préparez trois documents essentiels :
Votre domicile doit offrir un espace suffisant pour installer le matériel nécessaire, un accès à l'eau courante pour l'asepsie et un éclairage adéquat. C'est à vous ou à votre aidant proche de mettre à disposition le matériel spécifique avant le premier passage : désinfectants, compresses, médicaments, pilulier, pansements adaptés. Contactez votre infirmière en amont pour connaître la liste exacte et éviter tout retard dans la mise en route des soins.
Malgré l'étendue des soins techniques réalisables à domicile, certaines situations imposent le recours hospitalier :
Le débridement d'escarres de décubitus ne peut être réalisé et attesté que par un infirmier gradué, un infirmier breveté ou une sage-femme. Un assistant en soins hospitaliers n'est légalement pas habilité à réaliser ni à attester cet acte à domicile. Si vos soins d'escarres sont assurés par un assistant en soins hospitaliers, vérifiez impérativement qu'un infirmier gradué ou breveté supervise ces actes spécifiques pour garantir la conformité légale et le remboursement.
Conseil : avant de démarrer tout soin technique à domicile, demandez systématiquement à votre infirmière de vous confirmer sa qualification exacte (infirmière graduée, brevetée ou assistante en soins hospitaliers). Cette vérification est particulièrement importante pour les soins palliatifs et le débridement d'escarres, où seuls les infirmiers gradués ou brevetés sont légalement habilités à attester les actes. En cas de doute, votre mutuelle peut vous confirmer la qualification enregistrée dans ses fichiers.
En dehors de ces cas précis, la très grande majorité des soins techniques courants peut se vivre dans le confort et la sécurité de votre domicile, avec une infirmière qualifiée et un remboursement par la mutuelle.
Hélène Jespers, infirmière à domicile à Drogenbos, réalise chaque jour l'ensemble de ces soins techniques auprès de patients qui ont fait le choix de la qualité sans quitter leur environnement familier. De la prise de sang matinale au suivi de perfusion, chaque intervention est menée avec rigueur, bienveillance et en coordination étroite avec votre médecin traitant. Si vous résidez dans la région de Drogenbos et souhaitez bénéficier de soins techniques infirmiers à domicile, n'hésitez pas à la contacter pour évaluer ensemble votre situation et organiser votre prise en charge.